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August 26, 2010

Mardi 24 – 16h15–18h00 – Table Ronde 2 : Ressources, Manuels , livres et jeux Numériques interactions des acteurs et modèle économique

Animée par Alain Séré – IGEN-MEN, Avec Gilles Braun SDTICE, Pierre Garnier KNE, Patrice Magnard – Maxicours, Julien Llanas EduGameLab, Julian Alvarez – Ludoscience, Pierre-Louis Ghavam – Conseil Général des Landes. Jean-Louis Attané – Conseil Général de l’Ariège)
La prise en charge du numérique dans les programmes et la pédagogie, peut-il amener des interactions entre acteurs locaux de l’éducation numérique. Rôles à tenir pour les collectivités locales.
Animateurs : Alain Séré IGEN
Rapporteur et Synthèse : Annabel Saint-Paul (Blog :
http://www.numericole.fr) et Caroline Jouneau-Sion (Blog : http://Pedagotice.blogspot.com)

SYNTHESE TABLE RONDE SUR LES RESSOURCES NUMERIQUES

La prise en charge du numérique dans les programmes et la pédagogie, peut-elle amener des interactions entre acteurs locaux de l’éducation ? Quels rôles pour les collectivités locales ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un éclaircissement sur la notion de « ressource numérique » est nécessaire. Gilles Braun, SDTICE, propose de parler plutôt de « ressources pédagogiques » et de les distinguer selon trois classifications :

-       La première distingue les ressources d’utilisation (toute chose initialement non prévue pour un usage pédagogique mais détournée à cette fin) ou les ressources de destination (toute chose conçue initialement pour être utilisée pédagogiquement).

-       La seconde s’applique en fonction de la sphère de diffusion : selon que la ressource est diffusée en classe ou à une échelle plus vaste.

-       Enfin, la dernière prend en compte la cible : à qui est destinée cette ressource (enseignants, élèves…).

De nouvelles attentes et opportunités en matière de ressources et supports pour l’enseignement : témoignages, constats, expériences…

En ce qui concerne le manuel numérique, les points de vue sont partagés selon que les enseignants sont des utilisateurs du web 2.0 ou non, selon qu’ils sont co-créateurs ou simples consommateurs de contenus. D’après Caroline Jouneau-Sion, les Clionautes qui ont participé à la rédaction du livrescolaire.fr, rêvent d’un manuel qui offre de la souplesse, qui permette l’intégration de ressources personnelles et la collaboration entre enseignants. La deuxième attente viserait une utilisation active par les élèves et non plus uniquement la vidéo-projection, afin de développer les compétences exigées par le socle commun de compétences et de connaissances.

En ce qui concerne les besoins des élèves, c’est Julian Alvarez, consultant TIC et directeur de Ludosciences qui apporte la réponse. Les nouvelles générations n’aiment pas seulement jouer, elles recherchent surtout la possibilité d’agir, de créer et donc d’interagir. Les jeux vidéos offrent cette possibilité, ils peuvent bien sûr être utilisés en classe de façon brute mais il est intéressant de les faire créer par les élèves. C’est ce qu’a fait Julien Llanas, professeur d’histoire-géographie, qui relève que les interactions agoniques (difficultés à dépasser pour évoluer dans le jeu) permettent alors de faire travailler les notions abordées dans les programmes (ex. sciences-physiques).

Les nouveaux programmes (par exemple pour la classe de 2de au lycée) introduisent des contenus et des compétences qui portent en propre sur la maîtrise de l’information numérique, de ses fonctionnalités et méthodologies, c’est un puissant facteur d’évolution favorable.

Face à ces usages et attentes, comment répond l’offre éditoriale ?

Tendances de l’évolution récente de l’offre éditoriale et contributions au renouvellement des usages en matière de ressources scolaires : initiatives publiques, privées, associatives…

Les échanges ont d’abord tourné autour des destinataires de ces ressources. Gilles Braun souligne un basculement de l’offre des éditeurs : d’un manuel conçu et revendiqué pour l’élève, on glisse vers un manuel fait pour l’enseignant, sur lequel repose le choix des ressources et des outils.

Cela n’est pas sans conséquences à l’intérieur même de la classe, et il faut poser un regard vigilant sur les démarches pédagogiques mises en œuvre autour par exemple d’un manuel conçu pour être vidéo projeté.

Gilles Bayet, représentant de Maxicours, et Pierre Garnier de KNE n’ont pas manqué de souligner la rapidité d’adaptation des éditeurs aux besoins des enseignants et les innovations que portent les nouvelles générations de manuels numériques.

De Maxicours qui conçoit ses ressources pour le numérique à des manuels très enrichis équipés de fonctionnalités nouvelles liées à la mutualisation, à la personnalisation voire à l’individuation du produit, on sent des éditeurs désormais motivés pour s’engager dans le numérique plutôt que la numérisation.

L’évolution est donc visible, constante, continue. Elle est également stimulée par la multiplicité et la variété des initiatives, y compris celles qui ont pour origine le secteur associatif et le libre.

Mais quel est le statut des ressources dans l’environnement numérique des établissements ?

Place et statut des ressources dans l’environnement numérique des écoles et des établissements : choix, mise en œuvre, rôles et responsabilités, conditions…

Des axes de réflexion émergent notamment des interventions des représentants des conseils généraux, Pierre-Louis Ghavam pour les Landes et Jean-Louis Attané pour l’Ariège, tous deux attachés à faire en sorte que les lourds investissements consentis par leurs collectivités en matière d’éducation numérique soient utiles.

D’abord, la nécessité d’une formation des enseignants aux usages des différents outils afin d’éviter la confusion entre ENT, manuel, ordinateur et TNI…

La question du lieu et du temps d’utilisation des ressources numériques est également posée : les expériences montrent que les ressources numériques mises à disposition sont utilisées surtout en classe, et très peu hors temps scolaire, malgré un équipement des familles très important. C’est qu’il suffit d’un ou deux élèves non équipés pour que l’enseignant hésite à faire utiliser ces ressources à la maison. L’enseignant, lui, utilise les ressources pour préparer les cours. De nouvelles formes d’interactions avec les élèves apparaissent, qui débordent le cadre strict de la classe. Comment ce temps-là est-il intégré au temps de travail de la profession ?

En classe, la contrainte de temps est forte et constitue un frein : faut-il garder la structure en 55 mn, le lieu physique de l’établissement, ou éclater la classe et le temps scolaire comme le permet la loi sur l’autonomie des établissements ? Favoriser le travail interdisciplinaire ? Considérer, comme le proposent Julien Llanas et Julian Alvarez, que l’implication des élèves dans des projets tels que la création de jeu est certes chronophage mais ô combien efficace pour ancrer les savoirs ?

Vient ensuite la difficile (mais cruciale !) question du modèle économique et de l’instance décisionnaire de ces dotations : pour les collèges, c’est l’État qui est en charge des manuels ; au lycée, les régions aident souvent les parents à financer l’achat des manuels ; on voit apparaître des modèles économiques dans lesquels les manuels numériques sont financés par la vente du manuel papier tels les manuels Sésamath ou lelivrescolaire.fr), modèles dont Gilles Braun souligne le paradoxe et la fragilité à long terme.

Des incertitudes subsistent également sur les dotations massives nécessaires, incertitudes qui sont liées au contexte économique et au contexte réglementaire, sur le partage de compétences entre État et collectivités. En réalité, si l’idéal résiderait dans la dotation liée à un projet d’équipe mobilisateur, il faut pouvoir compenser l’absence d’équipe ou de facteurs mobilisateurs par d’autres processus de décision concertés.

CCl

De cette table-ronde qui a fait échanger des représentants de l’État, des territoires, des éditeurs et des enseignants, ressortent quelques points d’achoppement, mais aussi de convergence autour de la question des ressources numériques.

Le premier concerne le partage de compétence entre les entités qui financent (État/collectivités) et attendent que les enseignants se saisissent des outils et des ressources dans leurs pratiques en classe, au bénéfice des élèves, et celles qui prescrivent au niveau national comme au niveau local.

Le second est le destinataire final de la ressource : produire ce que l’enseignant désire et qui sera donc le mieux vendu, ou produire un outil qui permettra aux élèves de développer des compétences comme l’autonomie et la capacité à utiliser ses connaissances ? Ou encore ce qui rassurera les parents ?

Quant à l’avenir, à la prospective, si les pionniers de la réflexion autour des technologies éducatives croyaient déjà il y a trente ans que ces outils révolutionneraient les pratiques pédagogiques, force est de constater que les évolutions sont lentes. Pour autant, il ne faut pas sous-estimer la capacité des outils, des environnements technologiques à entraîner (à participer à l’entraînement) des transformations dans les modes d’apprentissage et d’interactions maîtres-élèves.

Un consensus : la chaîne de prescription des ressources pédagogiques, de même que les conditions de leur mise en œuvre doivent désormais être maîtrisées dans une approche concertée et intégrée de l’esnemble des partenaires.

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1 Response for “Mardi 24 – 16h15–18h00 – Table Ronde 2 : Ressources, Manuels , livres et jeux Numériques interactions des acteurs et modèle économique”

  1. Fabienne Loup-Brunswick says:

    La question du destinataire final des manuels scolaires biaise depuis longtemps l’édition des manuels scolaires. L’éditeur cherche avant tout à séduire l’enseignant, qui s’attache souvent plus à la forme qu’au fond. Il maîtrise le fond ou est censé le maîtriser et son choix se porte sur le manuel dont il pense que la forme séduira ses élèves. Il n”est pas rare de voir un enseignant prescrire un manuel et utiliser un autre manuel qu’il a trouvé de qualité sur le fond pour préparer ses cours. Je l’ai observé en tant que prof puis d’éditrice…
    Il n’y a pas d’appropriation du manuel par l’élève, pas d’autonomie de l’élève, pas de participation de sa part à ses propres apprentissages : il reçoit, et souvent avec ennui ou pire, avec anxiété. Le prof reste le seul détenteur du savoir.
    Grâce nouvelles technologies, on peut mettre un terme à cette conception de l’enseignement et rendre l’élève actif dans ses apprentissages accompagné par l’enseignant. Les idées ne manquent pas, les initiatives d’enseignants non plus et certaines réalisations “expérimentales” le prouvent.
    MAIS cela suppose des moyens qui n’existent pas (voir le billet de rentrée de Caroline Jouneau-Sion sur http://pedagotice.blogspot.com/2010/09/letablissement-numerique-ce-sera-pour.html), cela suppose aussi une VRAIE réforme de l’Éducation nationale avec une VRAIE réflexion sur la formation des enseignants, sur ce que sont les élèves d’aujourd’hui, et on en est loin (c’est peu dire par les temps qui courent…). Et puis, évidemment, un nouveau modèle économique pour les éditeurs scolaires…
    Ce n’est pas gagné et pourtant, l’enjeu, ce sont des enfants…

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