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August 27, 2010

Jeudi 26 – 9h30–11h00 – Table Ronde Interactive « L’école au Coeur du territoire numérique»

Bilan du programme « Ecoles Numériques Rurales » retour d’expériences dans le département de l’Ariège et en France, le rapport Fourgous et ses implications pour le futur de l’école. l’ouverture de l’école sur son territoire.

Intervenants : Daniel Subervielle Inspecteur d’Académie de l’Ariège, Jean-Loup Burtin, Chargé de la coordination des Tice pour le 1er degré – SDTICE, Anne Capiaux – maire adjoint chargé des TICE à la Ville d’Elancourt ou Dominique Lochon en charge de l’éducation, Alain Naudy – Vice president  de la Communauté de Communes des vallées d’ax en charge des affaires scolaires, les problématiques liées au développement d’un E.N.T. primaire – Gérard Borios – Mission TICE IA 09 , « Les espaces Cyber-base® au cœur du territoire éducatif » , Jean-Michel Leclerc – Caisse des Dépôts et Consignations.

Questions/Réponses avec la salle

Modérateur : Michel Chaumet – Rédacteur en chef de “l’école numérique”

Rapporteur et Synthèse : Caroline Jouneau-Sion (Blog : http://Pedagotice.blogspot.com)

L’école au cœur du territoire numérique

C’est Jean Loup Burtin, IEN chargé de la coordination des TICE pour le 1er degré à la SD-Tice, qui propose une définition de l’expression Territoire numérique : « la transposition d’un territoire géographique dans un espace numérique ». C’est plutôt une autre définition qui a orienté cette table-ronde, le territoire numérique vu comme l’ensemble des  politiques et projets menés par les acteurs du territoire pour développer le territoire. Un territoire très hiérarchisé dans le contexte français, au détriment de l’école.  Il faut donc que l’école trouve sa place au sein de ce territoire

Michel Chaumet, rédacteur en chef de la revue Ecole Numérique et animateur de cette table-ronde, s’est bien entendu emparé de la dimension géographique de cette thématique pour proposer un changement d’échelle, du local, la commune, à l’universel, le modèle nordique tant admiré (qui fait l’objet d’un autre compte-rendu).

Nous partons donc du cadre de la commune ou plutôt, puisque nous sommes sur un territoire rural, de l’intercommunalité.  Alain Naudy, Vice président de la Communauté de Communes des vallées d’Ax, met en lumière le rôle de cette collectivité qui s’est emparée de la compétence de l’équipement des écoles pour garantir l’équité entre élèves du territoire. Loin de se limiter à l’engagement financier, ils sont allés jusqu’à impulser des projets comme le DONEP qui propose de développer les usages de l’informatique en favorisant les échanges interculturels avec des élèves d’Andorre et d’Espagne. Chaque élève de Cycle 3 s’est ainsi vu doter d’un ordinateur portable 10’’ à écran tactile qui devait, entre autres,  lui permettre de communiquer avec ses camarades étrangers. Les élus se sont également engagés aux côtés des écoles pour répondre au plan ENR, permettant à l’Ariège de voir une bonne partie de ses projets retenus.

Daniel Subervielle, inspecteur d’académie de l’Ariège, et Gérard Borios de la mission TICE IA 09, montrent qu’au niveau académique l’engagement se fait dans le domaine de la formation et l’accompagnement des maîtres au développement des usages du numérique. Une équipe de sept formateurs a formé les enseignants aux usages des TICE et a parfois conseillé les collectivités dans le choix des équipements. L’académie a développé des réseaux d’enseignants autour de ces formations, réseaux qui tendent peu à peu à s’ouvrir aux enseignants du département. Enfin, un observatoire des usages est envisagé afin de diffuser les pratiques observées dans les écoles numériques dans les écoles qui n’ont pas encore été dotées.

Quant à l’Etat, représenté par Jean Loup Burtin présenté plus haut, il commence par poser un cadre : les technologies de l’information et de la communication sont concernées par au moins trois palliers du socle commun de connaissances et de compétences (sinon par tous. L’Etat a également un rôle d’impulsion, aidé en cela par des rapports d’études (mission e-educ, rapport Fourgous). Ceux-ci permettent d’envisager des actions concrètes pour la « numérisation » des écoles, comme le plan ENR, les cyberbases qui intègrent une salle informatique dans l’école mais ouverte sur la commune, ou plus modestement l’insertion d’un volet numérique dans les projets d’école.

L’Etat, c’est aussi la formation : formation et certification des enseignants avec le C2i2e, mais aussi formation et mise en réseau des cadres de l’éducation nationale.

L’Etat doit aussi évaluer les expérimentations : déterminer si l’équipement est adapté à toutes les situations éducatives, dégager les pratiques pédagogiques possibles avec ce type de matériel etc… La question des ressources est également de sa compétence, avec notamment le portail de ressources PrimTice. et le développement des ENT adaptés au premier degré.

Des obstacles ?

De cet exposé des actions engagées à différentes échelles ressortent tout de même quelques obstacles :

- Le plan ENR et ses trois volets (équipement, formation, ressources) ne doit pas créer de fracture numérique avec les écoles qui ne sont pas dotées. Servira-t-il de modèle à un plan concernant les communes non rurales ?

- Le renouvellement du matériel est nécessaire, mais qui le prend en charge après les trois années garanties par l’ENR ? Pour Jean Loup Burtin et Alain Naudy, des solutions existent localement : dans les Landes, on a choisi avec l’ALPI de mutualiser la maintenance entre les écoles, les communes et autres services publics. Dans les Pyrénées orientales, c’est le CDDP qui assurait ladite maintenance. En ce qui concerne le matériel, Jean Loup Burtin évoque la possibilité d’un modèle de location-vente qui permet d’assurer le renouvellement régulier et la maintenance.

- Enfin, il faut souligner le manque d’information des maires sur l’équipement informatique, tant sur le plan des possibilités de financement que sur celui du matériel.

« Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions » dit l’expression populaire. C’est visiblement l’avis des intervenants qui dégagent des leviers pour faire progresser les usages des technologies éducatives.

- L’accompagnement est absolument crucial :  en formation initiale et continue, mais aussi (et surtout) un accompagnement dans la mise en œuvre des situations pédagogiques au sein de la classe.

- La mise en place de réseaux entre enseignants permet de favoriser la formation entre pairs et de développer la réflexion autour des pratiques numériques à l’école, de diffuser des exemples d’usages.

-Enfin, il faut assurer l’accès au haut débit dans les écoles.

Conclusion

Cette table-ronde a eu le mérite de mettre en lumière le rôle des différents acteurs du territoire dans le développement des pratiques numériques à l’école, de montrer que le partage des compétences est une question délicate, mais qu’il est possible de s’en emparer pour agir dans l’intérêt de nos élèves. Cependant la question de conclusion de Jean Loup Burtin : « Comment tenir compte des compétences acquises par les élèves hors l’école ? » fait regretter l’absence de l’élève dans les débats de la matinée. Elle souligne également l’absence d’une question pourtant au cœur de la problématique : l’école numérique rayonne-t-elle sur le territoire, entraine-t-elle de nouvelles pratiques sociales, politiques, transforme-t-elle la vie des citoyens ? Le manque de recul face à ces équipements nouveaux explique certainement cette absence, et nous pouvons espérer en savoir davantage l’an prochain.


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2 Responses for “Jeudi 26 – 9h30–11h00 – Table Ronde Interactive « L’école au Coeur du territoire numérique»”

  1. iyane sidibé says:

    Je vous serai trés reconnaissant de recevoir l”école numérique” que vous éditez

  2. Fabienne Loup-Brunswick says:

    Ce qui est effectivement frappant dans tous ces débats, c’est l’absence de l’Élève…
    Il y a longtemps que son intérêt n’est plus au cœur du système “Éducation nationale”.
    C’est probablement ce qui explique en partie les difficultés que connaissent les enseignants qui eux, sont à leur contact chaque jour…

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