19 juin 2013

Conférence «La place des élus et des politiques …d’apprendre et d’enseigner» Synthèse

 

20h30 «La place des élus et des politiques numériques pour redonner l’envie d’apprendre et d’enseigner»  (salle des conférences)

Problématique :
Développement des réseaux haut-débit, équipements des établissements en matériels, expérimentation de nouveaux usages,…la France connaît et a connu de multiples plans, études et rapports sur le numérique à l’école, pour autant on a parfois un sentiment d’inachevé, d’incompréhension jusqu’au scepticisme. Le numérique est-il vraiment utile, sert-il réellement la mission de service public, doit-il être prioritaire ? Passé les périodes d’impulsion des personnalités politiques, comment l’institution accompagne t’elle ce changement ? Doit on attendre des résultats ? Quels modèles existent ailleurs, y a t’il de meilleurs résultats ? Et en quoi le numérique apporte t’il finalement de nouvelles motivations chez les élèves et les enseignants.

La conférence commencera par une allocution de Vincent Peillon Ministre de l’Education Nationale

Intervenants :
Vincent Peillon Ministre de l’Education Nationale, Augustin Bonrepaux, président du Conseil général de l’AriègeClaudy Lebreton Président de l’ADF, Anne-Sophie Benoît Présidente de l’ANDEV, Nicole Belloubet Région Midi-Pyrénées et Représentante de l’ARF, Jean-Michel Fourgous Maire de la ville d’Elancourt,  Jean-Marc Merriaux Directeur CNDP, Brigitte Jauffret CTICE AC Aix-Marseille, Richard Ramos SMART TECHNOLOGIES

Modérateur :
Jean-Pierre Quignaux

Conférence retransmise sur Internet sous la forme d’une webconférence sur www.ludovia.org/2012)

Synthèse :
Laurence Juin, Claude Tran et Jacques Cool 

Intervention du ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon : 
Vincent Peillon s’excuse de son absence car prépare la rentrée scolaire. Il a souhaité intervenir par cette video car il a besoin de la réflexion des participants de #Ludovia2012 : les contacts informels sont ici aussi importants les formels. V. Peillon rappelle l’importance de la place que de ce nouveau gouvernement souhaite accordée à l’Ecole. L’Ecole sera la priorité de ce quinquennat. Il faut refondre l’école de la République en  prenant  en compte la dimension nouvelle du numérique. Le numérique doit être obligatoire. Des Secteurs économiques entiers sont modifiés par le numérique. Il faut repenser l’école de demain, préparer les jeunes de demain à la société future, le numérique aidera à l’ amélioration de la société dans ses valeurs républicaines. L’école doit se saisir de cette révolution aussi importante que la révolution du livre ou la révolution industrielle. Sans cette prise de conscience du numérique,  on va vers un déclin de la civilisation.
Les enseignants utilisent déjà activement le numérique en communicant via les ENT, avec le matériel, en cassant l’enceinte matérielle de l’Ecole…
Le numérique ne fera pas l’objet d’un nouveau plan. Il s’agit d’elaborer une stratégie ministérielle, de former les enseignants aux usages pédagogiques du numérique et de l’Internet. Formation appuyée sur la recherche. La France doit prendre une place internationale dans la création de contenus et de services numériques! 20 millions d’euros vont être engagés dans les investissements d’avenir.
L’État va s’engager en créant une nouvelle offre de service publique éducatif pour les élèves : un soutien scolaire en ligne, une plate forme d’échanges et de mutualisation des productions d’enseignants. L’équipement des établissements scolaires va être renforcé.
Le numérique à l’école constitue une nouvelle frontière. La devise « liberté, égalité, fraternité » doit s’inscrire dans les territoires numériques éducatifs du XXIeme siècle.

Intervention d’Augustin Bonrepaux, président du Conseil général de l’Ariège :
Témoin de la première heure des événements Ludovia, monsieur Bonrepaux félicite le nombre accru des participants. Il tient également à souligner la couverture numérique du territoire qui se caractérise aujourd’hui par le raccordement de tous les établissements scolaires de la fibre optique, avec un ratio ordinateur:élève de 1 pour 3. Il exprime le souhait que les nouvelles lois de décentralisation pourront assurer une meilleure égalité nationale en dotation d’ordinateurs pour les élèves. De plus, il estime qu’il devient impératif d’améliorer la formation professionnelle des enseignants et il remercie le Ministre qui a annoncé le retour de celle-ci.

Intervention de Claudy Lebreton : 
Les collectivités territoriales ont développé des capacités énormes pour palier la déresponsabilisation de l’Etat dans le scolaire et l’extra scolaire. La décentralisation a fait que plus aucune politique nationale ne peut plus se faire sans le budget des collectivités territoriales. C’est l’orientation que prennent toutes les grandes démocraties mondiales. La décentralisation a aussi engendré  des échecs entre autres dans le domaine du numérique. La mise en place de la politique numérique à l’école a entraîné de grandes inégalités. Il rejoint ici les propos précédents de M. Bonrepaux.
M. LeBreton note que la question du numérique est primordiale mais se heurte parfois à la méconnaissance de l’élu. Il n’a pas forcement de connaissances numériques mais ne doit pas laisser le pouvoir aux technocrates sur cette question. L’élu doit être formé par les techniciens au numérique pour mener une politique cohérente de développement du numérique à l’école.

Intervention de Jean-Michel Fourgous, Maire de la ville d’Elancourt :
Monsieur Fourgous tient d’abord à remercier M. Bonrepaux pour l’initiative Ludovia, lieu de rassemblement de précurseurs en éducation. Il rappelle ensuite les réalisations à Elancourt, lieu de développements forts en numérique, moyennant un exercice budgétaire exigeant. M. Fourgous rappelle quelques mesures phares de ce déploiement numérique comme le e-learning de l’anglais, les conférences données par des intervenants du MIT ou d’Harvard. S’ajoutent les services de soutien à l’apprentissage, précédemment soulevés dans cette conférence, qui ont comme impact que leurs enfants d’Elancourt « lisent plus et lisent plus vite ».
Pour M. Fourgous, le premier moteur de la croissance c’est l’innovation et le numérique est un accélérateur de l’innovation, un accompagnateur de changement et un démultiplicateur de l’intelligence collective. Dans ce contexte, il faut donc prévoir un modèle économique pour financer une tablette par élève afin que tous baignent dans une culture numérique. À ce défi s’ajoute celui de la pédagogie, qui doit s’actualiser aux réalités nouvelles afin d’éliminer l’ennui des élèves en classe. Mais la France a tout dans les mains pour faire face à ces défis.

Intervention de Nicole Belloubet, région Midi-Pyrénées :
D’entrée de jeu, madame Belloubet rappelle aux gens de ne « pas avoir peur des élus » qui ont le souci de la chose publique. Pour l’école, l’importance est de redonner confiance aux élèves, qui « apprennent à 60% à l’extérieur de l’école » et d’améliorer la pédagogie. L’école doit y arriver, avec le numérique en filigrane,  en s’ouvrant sur les autres partenaires dont les collectivités locales. Celles-ci sont présentes dans l’accompagnement de l’enfant, en amont et en aval de l’école. Enfin, il faut viser une adéquation des services offerts par les régions avec, par exemple, un service national tel que le soutien scolaire.

Intervention de Brigitte Jauffret, CTICE AC Aix-Marseilles :
L’objectif à l’Académie d’Aix-Marseille c’est de convaincre les enseignants de se mettre au numérique. Mme Jauffret cite A.M. Bardy : on doit proposer avec le numérique des activités simples mais robustes. Elle cite les objectifs et les actions de l’académie : objectif d’un développement des usages du numérique à l’école en associant des collectivités territoriales à ce projet. Il faut aussi conforter le numérique dans les pratiques quotidiennes. L’objectif est aussi de mettre en place des ENT. Tout le monde doit y trouver son compte. Des conventions ont été déclinées au sein de chaque établissement scolaire : les enseignants doivent proposer des projets et fixer des critères d’évaluation.

Intervention de Jean-Marc Merriaux, Directeur du CNDP :
On constate l’entrée du parent dans l’école grâce au numérique (avec le blog de classe par exemple). Le CNDP rappelle l’importance des ressources et la force du numérique. Le travail premier du CNDP c’est l’identification des ressources et il doit répondre aux problèmes : il doit gérer le risque de l’infobésité et se poser la question de la littéracie. Quand les élus sont curieux, les enseignants et donc les élèves le sont aussi. Les CRDP et CDDP sont proches des élus locaux et des acteurs pour répondre à leurs besoins. Le lien doit être fait entre le temps scolaire et hors temps scolaire.

Intervention de Richard Ramos, SMART Technologies – France :
Comme d’autres intervenants l’ont fait avant lui, monsieur Ramos parle des responsabilités des élus. Il attire l’attention d’une étude importante à sortir sous peu traitant des technologies numériques, qui exposera de meilleures pratiques en éducation. Des pratiques qui voient au développement de l’esprit critique des élèves, d’un encadrement de qualité et la mise à disposition de ressources numériques pour l’enseignement et l’apprentissage. Il souligne l’importance des échanges sur ces questions technopédagogiques entre l’industrie et le monde scolaire.

Intervention d’Anne Sophie Benoît, Présidente de l’ANDEV, Directrice de l’éducation pour la ville de Dunkerque :
Pour madame Benoit, développer le numérique est un vrai choix d’investissement pour les collectivités. L’outil numérique est un enjeu à double titre : il pose la question de la réussite scolaire et participe à l’égalité des chances. C’est aussi un outil de l’intégration sociale. Mme Benoît rappelle l’importance de la famille comme premier éducateur. Elle rappelle aussi l’importance de la réussite scolaire pour l’enfant et pour sa famille. Les politiques numériques sont donc des leviers structurants d’un politique éducative cohérente. C’est un vrai choix politique pour les collectivités territoriales. De plus, les équipements de qualité dans une école attirent ou retiennent les familles.

Pour terminer cette 2e journée à Ludovia, quelques échanges se sont poursuivis au bar camp extérieur, où notamment on a exprimé le souhait de voir un modèle économique viable qui permettrait d’équiper les écoles au numérique.