18 mai 2013

4 ème session du 3ème séminaire «Collectivités locales et établissement du XXIème siècle» Ludovia 2012

Session 4 : «Ressources humaines et compétences numériques» :  (chapiteau cirque)

11h-13h : ressources humaines, qualification, recrutement, formations des agents pour gérer, installer et maintenir les équipements « numériques » dans les établissements. Retours d’expérience de DRH collectivités locales sur le sujet/directeurs éducation sur les compétences attendues CR et CG.

Intervenants : François Jollivet Conseil Général Val d’Oise, Eric Mazo Région PACA, Roger Masson Région Rhône-Alpes.

Animateur : Jean-Pierre Quignaux ADF

Synthèse : Sébastien Reinders

Les collectivités locales ont depuis quelques années l’encadrement et le support technique des moyens numériques des établissements scolaires dans leurs compétences.  Ces compétences héritées ont fait l’objet de différents plans suivant les intérêts des régions.

Du personnel et des processus technologiques ont ainsi étés mis en œuvre, entre autres par les régions, dans les établissements. Ces actions ont été réfléchies et opérationnalisées au sein des collectivités. Chacune ayant œuvré dans l’intérêt de ses administrés, dépassant souvent le cadre strict de ses compétences.

Ce support est déployé et mis en œuvre habituellement en parallèle à une concertation des différents acteurs techniques et pédagogiques. S’y retrouvent les collectivités, l’académie et les établissements.

Au terme de quelques années d’expérimentation, un bilan peut être posé, et les bonnes pratiques identifiées. Une mutualisation des expériences est ainsi souhaitée par les responsables des différents projets. Une réflexion sur le statut, le profil et la formation spécifique du personnel  a été menée, elle souffre cependant encore d’un cadre légal clair.

Introduction de J-P. Quignaux : le déploiement dans les écoles de ressources humaines (et leur formation) chargé de la maintenance des équipements, du support aux développements des usages et des ressources est une des missions des collectivités locales. Sans l’apport de ce personnel spécifique, il n’y aura pas de développement du numérique pour le plaisir d’apprendre.

Il apparaît également en préambule que les différentes collectivités coopèrent maintenant au mieux et pour le bien de leur cible dans cette action : Les établissements scolaires

L’expérimentation en Rhône-Alpes

Selon Roger Masson, responsable TICE en Rhône-Alpes, la question des RH est centrale. Il faut pouvoir disposer de compétences particulières non obligatoirement universitaire ou ingénieur. Ces « moutons a 5 pattes » sont rares, il faut donc veiller à les former.

Le mode de travail et le profil de ces gens reconnus par leurs pairs est très liés à leur écoute et à leurs compétences. Ils travaillent ainsi au travers de réseaux de confiances

Ce personnel devra à termes faire le lien entre la pédagogie et la technique afin d’aider les enseignants dans la prospective et l’utilisation des technologies. Souvent ils n’ont la vision que de ce qu’ils ont déjà utilisé. Malheureusement dans les faits, le choix va dépendre du talent du commercial qui présente la solution.

Il y aurait dans ce cadre un intérêt à mutualiser les infos sur les tarifs et les marchés pour répondre à des besoins de pratiques harmonisé.

L’expérimentation en Val d’Oise

François Jolivet, directeur éducation et sport du CG 95  met en lumière l’action du Val d’Oise.

Les départements et les régions ont des services informatiques depuis longtemps et seulement depuis 10 ans qu’il y a des notions d’E-éducation.  Ce secteur va devenir une des secteurs majeurs des collectivités dans le futur. Il faut donc repenser l’approche des collectivités au niveau de l’E-administration et de l’E-éducation.

Deux problèmes surgissent. D’abord les deux systèmes s’opposent au niveau de la sécurité, l’ouverture, de la chaine de hiérarchie, … mais sont semblables sur le matériel.

Ensuite le statut du personnel, en effet le CNFPT ne dispose pas d’un référentiel de métier spécifiquement décris, pas de formation concernant l’E-education. La plupart du temps, les statuts sont proche du bricolage.

En conclusion, les collectivités doivent donc revoir leur organisation et se poser les bonnes questions. Le CNFPT doit créer une fonction car actuellement il existe une perte de compétence (en // avec la perte de moyen), enfin une réflexion sur l’apport du privé doit aussi être menée.

Concernant le plan numérique du Val d’Oise; 109 collèges sont équipés (a concurrence de 30m€) . Le plan comprend le câblage, l’abonnement internet, les ordinateurs et les serveurs, l’infogérenace, la mise à disposition de l’ENT ainsi que de ressources.

La stratégie RH menée passe par :

-      une validation des compétences techniques et éducatives

-      une maîtrise de la démarche de projet

-      la mutualisation du know-how

-      la transformation des postes  (avec mise en relation de l’enveloppe salariale)

-      Création d’un vivier de personnes venant de divers secteurs dont le privé.

-      Enfin la mise en place d’une porte de sortie de certains membres du personnel.

Les conclusions tirées de l’expérimentation, il existe divers besoins et soucis tels que :

-       une gouvernance de l’e-éducation à déterminer

-       de nouveau moyens consacrés par les collectivités au profit des TICE, ce qui s’accompagnent de l’augmentation de l’encadrement

-       une politique des ressources humaines très en retard

-       Des recrutements satisfaisants car caractère mobilisateur du domaine

-       Des réflexions sur la pertinence des jeux de pouvoirs entre les services informatiques et éducation au sein de la collectivité !

L’expérimentation en région PACA

Eric Mazo  responsable du service des TICE à la direction des lycées du CR PACA rappelle que le travail des RH ne se limite pas a la maintenance, mais aussi dans la production de logiciels, de ressources, …

Le support info est internalisé en région PACA (60 personnes en 2 ans) dispatché en pole de compétence (serveur, réseau, périphériques, logiciel, …)

La région PACA n’a pas défini de  fiche de poste, mais un profil a été défini. Bac+3 avec un degré d’autonomie important. Ces agents dépendent d’un service et non de l’école. Mais la direction est prévenue de manière transparente des disponibilités et de l’action des membres du service.

La méthodologie des pratiques du support ont étés étudiées, certains soucis passent d’abord par la direction avant d’être pris en compte de manière directe ou mutualisée s’il y a lieu.

Il y a une recherche d’outils techniques et méthodologiques de bonne qualité. Cela passe par un bonne politique d’achat ainsi qu’un contrôle qualité des méthodes d’intervention. En cela le pilotage du projet au jour le jour permet une remise en question récurrente de ces processus.

En région PACA, toute la chaîne de production est internalisée. Au bout de 3 à 4 ans, le service est totalement satisfaisant.

La fédération de compétences

Selon Roger Masson, en organisation, ce qui est logique est chronologique. Il faut donc innover. Plusieurs décrets se réfèrent à la même grille d’équivalence des passerelles entre les différentes fonctions publiques. Il serait utile d’avoir un décret permanent

La complémentarité des emplois est un facteur important : il y a des compétences qui actuellement sont conjuguées au travers des équipes. Ce personnel devrait bénéficier des moyens de mieux travailler ensemble.

Témoignage du terrain : « cela fonctionne !»

Un enseignant en lycée de l’académie Aix-Marseille explique :  « notre sentiment est que cela marche bien. Il y a un comité de pilotage TICE dans le lycée. Les personnels se sont bien fondus dans les établissements. L’agent fait partie du comité de pilotage. Il y a aussi des personnes ressources au niveau académique : un professeur référent TICE . A mon sens on a là un exemple de complémentarité très forte. »

Eric Mazo confirme que cela ne peut fonctionner que s’il y a pilotage dans les établissements. Le projet TICE de l’établissement doit en effet comprendre la complémentarité entre le besoin fonctionnel, la pédagogie, le projet du chef d’établissement et le rôle du technicien pour les achats, la maintenance, etc.

Quel surcoût pour les départements et régions ?

Constatons d’emblée que la situation est très disparate suivant les collectivités ? Les représentants ADF, ARF se trouvent donc très démunis pour décider.

Pour le numérique en Val d’Oise, selon François Jolivet,  le coût de financement et les dépenses de fonctionnement ne représentent « que » 1 ou 2 millions, Il faut cependant s’interroger sur la politique RH : où met-on l’argent ? Ou en économise-t-on ? (l’électricité, le chauffage, la taille des établissements

Si les collectivités ne s’étaient pas saisies de l’éducation numérique, elles se contenteraient de livrer des postes rappelle Eric Mazo. Elles dépassent ainsi leurs compétences car même la connexion à Internet n’est pas du ressort de la collectivité.

Le temps politique et le temps de l’éducation est-il pris en compte ?

En Rhône Alpes, une concertation anticipée existe avec les départements. Par exemple, pour le réseau HD, une politique directe et autonome aurait été possible. Le choix de la  concertation avec la mise en place de Réseau d’initiative publique dans les départements a cependant été privilégié.

Dans tout projet numérique, il faut prendre en compte les contraintes respectives concernant le temps. Souvent, les projets fonctionnent avec une première année blanche, ensuite une année de mise en œuvre et une année de fonctionnement.

Le point sur la mutualisation d’apprentissage entre les collectivités

Le CNN avait avancé cette idée d’une agence régionale de service : est-ce le bon échelon pour gérer ces moutons à 5 pattes ? Où est le point de mutualisation ? Où placer le curseur ?

Selon François Jolivet la réponse se trouve au niveau régional. La question de la mutualisation entre département et région est culturelle. Mais reste posée la question des communes et des communautés de communes et l’implication des établissements d’enseignement primaire.

Pour Eric Mazo il faut se poser la question de voir s’il est pertinent d’ajouter les collèges au projet existant et donc un nombre de 180 agents à l’équipe actuelle. Cela pourrait diminuer cet aspect de proximité.

Roger Masson rappelle que les régions ont une vraie identité. La région en tant que surface se pose à l’échelle européenne. Le bon échelon, dois se choisir également en fonction de nos voisins européens qui ont des structures régionales plus fortes.