17 octobre 2017

Table ronde : «La classe est-elle plus mobile avec le numérique ?»

«La classe est-elle plus mobile avec le numérique ?»

14h30-16h00

Problématique :
Il y a dix ans les premiers bricolages arrivaient sur le marché, les ordinateurs et TNI sur roulette étaient inventés ! Aujourd’hui, passées les expérimentations, de distribution de portables aux collégiens, les opérations tablettes le BYOD, et si la mobilité c’était le MOOC, les Univers virtuels ou l’apprentissage à distance ?

Table ronde en 2 temps :
– premier temps : les promesses des Classes mobiles ont-elles été tenues ?
– Deuxième temps : BYOD, Tablettes pour tous,…Que peut-on imaginer pour les dix ans qui viennent ?

MOTS CLES :
autonomie, collaboration, disponibilité, simplicité d’usage, nomadisme, tablettes numériques

Intervenants :
André Delacharlerie Délégation Wallonie, Jean-Loup Burtin Formatice, Marie-Noëlle Martinez chercheur AC Toulouse (expérimentation tablettes au collège d’Albi, classe de 6ème), Christophe Piombo (en attente de confirmation), Michèle Monteil DGESCO, Jean-Paul Moiraud Enseignant

Modérateur :
Corinne Martignoni DGESCO

Rapporteurs & Synthèse :
Laurence Juin & Lyonel Kaufmann

Introduction par Corinne Martignoni : qu’est-ce qui est vraiment mobile ? est-ce que cela met en cause le concept de classe ou cela l’enrichit-il ? quel bilan des expérimentations ?

Marie-Noëlle Martinez chercheur AC Toulouse (expérimentation tablettes au collège d’Albi, classe de 6ème)
Marie-Noëlle Martinez suit une expérimentation de tablettes dans un collège à Albi. Elle note la volonté de faire entrer l’école dans l’ère numérique. Cependant, nous disposons de très peu de retour sur les expérimentations de tablettes qui ont débuté en 2010. Dans l’AC Toulouse, 2 expérimentations. Une troisième a été mise en place de telle sorte que chaque système d’exploitation soit testé (Apple, Android, Microsoft).
Méthodologie employée : un questionnaire intial a été distribué aux élèves, prof, parents pour recueillir les représentations, puis un questionnaire final (bilan). + observation en classe + évaluation des résultats scolaires.

Perception de l’utilité des tablettes ; 89 à 100% des élèves, profs et parents pensent que l’usage des tablettes a une influence positive sur les apprentissages. Peu de différence après 5 mois d’utilisation, néanmoins ce sont les profs qui sont les plus sceptiques (89%) au départ et les plus convaincus après 5 mois (100%). L’outil est perçu comme un outil facile d’utilisation et donc utile dans le travail.

Au début les problèmes techniques sont un frein. Après 3 mois, adaptabilité des enseignants et des élèves. De plus, les enseignants disposent de solutions de rechange en cas de problème technique (préparation de matériel de secours au format papier par exemple).

Les plus-value sont difficilement mesurables. Néanmoins, 100% des parents souhaitent la poursuite de l’expérience. La motivation très forte de la part des parents, des profs et des élèves. Il y a une correlation entre l’utilité et l’affect: si l’élève aime l’outil, il en verra l’utilité et inversement.

L’élève est sous influence de l’enseignant: comment influencer l’enseignant dans ses pratiques?  Par la formation ? Il n’a pas été noté de corrélation des parents sur les élèves: si le parent n’aime pas la tablette, l’élève l’aime quand même.

Entrer dans le numérique oui mais bien choisir l’outil

André Delacharlerie Délégation Wallonie
On passe en Wallonie et leur utilisation de la tablette dans un éducation par et au numérique. Compte-rendu en 1ère primaire (CP) par une enseignante. 12 tablettes android + un projecteur.

Apprentissage, différenciation et remédiation sont les axes d’utilisation des tablettes. L’avantage spécifique de la tablette, c’est sa mobilité : travail individuel avec ou par pair, puis travail par groupe en emportant à chaque fois sa tablette. Possibilité de l’utiliser en rue comme en classe. Les élèves peuvent expliquer les choses devant la caméra et ainsi de structurer leur pensée.

La tablette a changé sa manière d’enseigner. Certaines choses ne seraient pas possibles au moyen de papier/crayon. Tablette et mobilité sont des concepts qui se chevauchent.

Le rendement de travail est meilleur : l’enseignante constate 3  fois plus de travail en classe. L’outil est vite maîtrisé : la tablette est un couteau suisse.

La tablette est un outil intéressant, mais pas le seul. D’autre part, beaucoup trop de logiciels partent de ce que savent faire les développeurs, mais pas des besoins des enseignants. Les enseignants ont besoin de logiels ouverts (souples), simples et ergonomiques. L’utilisation du cloud est aussi une demande importante en terme de portabilité (école/domicile/maison).

20 tablettes ce sont 20 cerveaux qui fonctionnent. Combien de cerveaux sont mobilisés avec 1 TBi ?

Acquisition des apprentissages : il est important de  promouvoir la collaboration entre enseignants. I ne doit pas inventer et développer seul les ressources.

Les nouvelles technos fonctionnent si on s’investit beaucoup.

Jean-Loup Burtin Directeur de la société FORMATICE pour BIC Education,
«On ne peut pas faire fi de son passé.» Quelques jalons de réflexion :

1ère interrogation : tablette pour parler de mobilité et nomadisme ? la classe mobile est un empiètement d’ordinateurs puis de tablettes.

problématique des ressources ? Pas d’écosystème créé . Quels sont les usages pédagogiques des tice? Derrière les disciplines il y a bien de la didactique, quel est l’apport du numérique ?
Le contexte de l’école et des élèves changé: comment la pédagogie évolue ?

Comment les élèves apprennent ? Le numérique outil discriminant selon l’accès au numérique .

Les Lieux et temps  d’apprentissage et d’éducation sont modifiés par le numérique . Il faut prendre en compte ces changements.

JL Burtin evoque le problème de l’évaluation des usages de l’ENR qui n’a pas été fait.
On a pas encore défini ce qu’est le numérique éducatif et son apport à l’eseignement. On est passé d’un empilement d’ordinateurs  à un empilement de tablettes. Le matériel devrait nous servir à réfléchir sur la finalité de leur utilisation en classe.

Se pose ensuite la questions des ressources à mettre à disposition. Dans la mesure où les lieux et les temps d’apprentissage sont modifiés par le numérique, l’organisation spatiale de la classe serait à repenser ainsi que les modalités d’apprentissage avec le numérique.

Avantages :

  • travail scolaire bonifié : gain de temps et meilleur répartition du travail. On note aussi un accès accru à l’information actuelle (à jour)
  • les facteurs psycho-sociaux de la réussite scolaire : si la motivation est une tarte à la crème sans y ajouter l’intérêt de l’apprentissage. L’attention est néanmoins améliorée
  • Interactions entre les acteurs (profs, parent, élève)
  • Equité et ouverture sur le monde

opportunités d’avenir
L’école est plus sur la mobiquité (un usage sédentaire d’outils mobiles) que sur la mobilité.

2ème temps de la table ronde  Retour d’expérimentation tablettes tactiles

Michèle Monteils, chef projet tablettes à la DGESCO
La tablette s’inscrit dans le prolongement des expériences faites avec les ordinateurs portables.temoigajges d’usages à retrouver sur Eduscol : usages très variés selon les académies. Les expérimentations de tablettes ont lieu plus massivement dans les collèges. 15000 tablettes sont actuellement en expérimentation en France dans 119 écoles, 174 collèges et 42 lycées.

Avoir une tablettes sous la main représente un changement notable dans la présence du numérique en classe, car elle est vraiment sous la main et devient un outil parmi d’autres sur la table de l’élève.
Dans de nombreuses disciplines, elle a un impact positif dans les apprentissages, mais toutes les disciplines ne sont pas égales en cette matière. La possibilité de faire des photos ou des vidéos est notamment mise en avant, notamment dans le contexte d’une sortie de classe. Réserve sur l’utilisation/plus-value de la tablette en mathématique de la part de Mme Monteils.

L’aspect couteau suisse de la tablette est à nouveau mis en avant. Par contre, Mme Monteils observe peu d’innovations des pratiques via la tablette. [Remarque perso : mais les expérimentations n’ont que 3 ans… stade normal de l’introduction d’un nouvel outil, on sait que l’enseignant adapte d’abord l’outil à ses pratiques habituelles avant de, peut-être, modifier ses pratiques]

Quelles perspectives? Pour Mme Monteils, la tablette mobile va l’emporter à l’école sur la tablette personnelle. Volonté de contraindre à l’activité des élèves au travers de dispostifs techniques permettant à l’enseignant de garder la maîtrise de l’accès aux applications et la connexion à internet. L’avenir est-il à la tablette hybride permettant d’être à la fois ordinateur et tablettes ou à des tablettes dédiées (et donc fermées) dans ce dernier cas pour le primaire.

Constats sur retours d’expériences

  • rapidité de mise en œuvre  / autonomie / légèreté / simplicité d’utilisation / mobilité 
  • Peu de mobilité hors de la classe : frilosité à sortir de la classe. 
  • Modification des usages des tice en classe : outil parmi d’autres sur la table . Bonne séance quand l’enseignant suscite le désir de savoir, d’apprendre.
  • Impact positif sur les apprentissages de nombreuses disciplines : plus value pour les langues / mobilite en cours d’EPS, modification des stratégies d’apprentissages quand il y a sortiRéserveerve sur l’usage en maths.
  • Alternance travail individuel/ collectif : tablette et tableau se complètent 
  • Apparente simplicité : à nuancer 
  • Contraintes techniques : nécessitent des compétences que ne maîtrisent pas tous et dles enseignants 
  • Évolution rapide, offre qui se diversifie 

Elle rappelle qu’ Edubase et siene rassemblent les expérimentations du 1er degré.

Jean-Paul Moiraud
Mobilité des corps ou des espaces? Inconstance et instabilité forment la définition première de la mobilité.

La mobilté est souvent donnée comme égale à tablette. Or, il n’en est rien. Les ENT sont aussi un moyen d’être mobiles et sans tablette. Par ailleurs, la mobilité à l’école n’a pas attendu le numérique. Jean-Paul Moiraud rappelle que, dans les années 60, la mobilité des objets existait déjà en classe : ainsi en était-il des émissions de radio scolaire qui apportaient l’éducation musicale dans la classe. (cf entretiens de Jean Valérien). «On réinvente  ce qui existe déjà».
Mobilité des espaces: Exemple des « maternages par skype » des nounous  philippines qui sont mamans à disance. Les espaces virtuels permettent la mobilité
La mobiquité  : on peut être mobile sans bouger

Lyonel Kauffman et Laurence Juin 

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