Comme elle le fait dans tous les autres domaines de la vie sociale, la vague numérique poursuit inexorablement son avancée dans le champ pédagogique.
Elle apporte régulièrement son lot de nouveautés technologiques qui ouvrent aussitôt de nouvelles perspectives en matière d’ingénierie éducative. Ces évolutions permanentes suscitent des sentiments partagés chez les professionnels de l’éducation : satisfaction quelquefois jubilatoire pour ceux qui adoptent une posture de veille active ; perplexité mêlée d’incrédulité pour ceux qui les tiennent à distance de leurs pratiques, laissant ainsi se creuser un écart croissant avec leur environnement.
Et pourtant….
Et pourtant, si l’on veut bien admettre que tout apprentissage est le fruit d’une démarche active de l’élève, au titre de laquelle il doit pouvoir accéder à des ressources variées, force est de constater que les outils informatiques offrent d’incomparables possibilités grâce à leurs performances techniques. Mais si chacun est prêt à reconnaître la puissance de ces outils, tout le monde n’est pas en mesure d’en faire un atout au sein de la panoplie des moyens qu’il utilise au service de ses pratiques d’enseignement.
Pour que cela devienne possible, deux conditions au moins semblent devoir être réunies au-delà des questions liées à l’équipement :
- il faut tout d’abord que l’enseignant admette qu’il ne peut plus être le dispensateur unique du savoir, enfermé dans des méthodes exclusivement transmissives, mais qu’il se conçoive comme un concepteur des situations d’apprentissages et au sein de celles-ci, comme un médiateur, un conseiller, un fournisseur de ressources et d’étayages.
Alors, les TUIC apparaîtront, parmi d’autres, comme une ressource utile en réponse aux besoins repérés au sein des processus d’apprentissage.
- il faut également que tout enseignant ait la possibilité de mesurer, très vite après s’être engagé dans leur utilisation, la plus value apportée par les TUIC. En effet, sans résultat probant, sans bénéfice évident constaté en terme d’apprentissages disciplinaires mais aussi transversaux (attitudes, motivation, coopération,…), le discrédit l’emporte et la confiance s’étiole.
C’est la raison pour laquelle sont si précieuses toutes les occasions de s’informer, de se former, de mutualiser les éléments de pratiques, de valoriser et de diffuser les réussites.
A ce titre, LUDOVIA représente un formidable laboratoire de présentation et d’échanges dont nous avons tant besoin car s’y côtoient des spécialistes, des chercheurs et des professionnels de terrain qui cherchent au quotidien, dans le maquis des usages possibles, des solutions aux problèmes qu’ils ont à résoudre pour aider leurs élèves à apprendre.
Mais LUDOVIA est aussi fortement symbolique de l’engagement fort qui prévaut dans ce département sur la question des TUIC.
L’effort conjoint de l’Education nationale et des collectivités s’est traduit par des réalisations exemplaires : le développement en cours de l’ENT dans le second degré, le plan pour les écoles numériques rurales, la remise de clés USB porteuses de nombreuses ressources à usage professionnel aux professeurs néo-titulaires, l’expérimentation des manuels numériques en collège, la dotation en tableaux blancs interactifs d’écoles en éducation prioritaire,…
C’est donc bien une réelle dynamique qui caractérise le département dans le domaine des TUIC.
On doit s’en réjouir, on doit aussi s’en préoccuper afin qu’elle nous porte vers de nouveaux horizons de progrès.
Je souhaite vivement que LUDOVIA 2009, où l’Education nationale prendra toute sa place, confirme et amplifie les succès enregistrés par ses devancières et qu’elle consolide les relations entre partenaires locaux afin de toujours mieux aider les élèves à réussir.
Daniel Subervielle
Inspecteur d’Académie de l’Ariège











